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today1 mai 2025
Depuis la fin de la pandémie de Covid-19, la gendarmerie nationale française est confrontée à une augmentation notable des départs volontaires, reflétant un malaise croissant au sein de l’institution.
En 2022, la gendarmerie a enregistré 15 078 départs, soit une hausse de 38 % par rapport à 2018 . Ces départs ne s’expliquent pas uniquement par les départs à la retraite, qui sont restés relativement stables sur la même période. La Cour des comptes souligne que cette tendance est préoccupante et témoigne d’un phénomène de fond installé depuis la fin de la crise sanitaire .
Plusieurs facteurs contribuent à cette vague de démissions :
Conditions de travail dégradées : Les gendarmes dénoncent une surcharge de travail, notamment dans les brigades rurales, où les effectifs réduits doivent couvrir des zones étendues, souvent avec des journées de travail très longues .
Manque de reconnaissance et de soutien hiérarchique : Un sentiment d’abandon de la part de la hiérarchie est fréquemment exprimé, accentuant le mal-être des personnels .
Réformes impopulaires : Des dispositifs tels que le système de gestion des événements (DGE), introduit en 2020, sont perçus comme des contraintes supplémentaires, éloignant les gendarmes de leur cœur de métier et alourdissant leur charge de travail .
Concurrence avec d’autres forces de sécurité : Les polices municipales, offrant des conditions de travail parfois jugées plus attractives, attirent de plus en plus de gendarmes, contribuant à l’augmentation des départs .
Face à cette situation, la direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN) affirme que les départs restent conformes aux prévisions et souligne l’attractivité persistante de l’institution. Elle met en avant des mesures de fidélisation, telles que des possibilités de réengagement après une expérience externe ou une retraite anticipée, et note que 52 % du recrutement des sous-officiers de gendarmerie provient des gendarmes adjoints volontaires .
Cependant, la Cour des comptes et d’autres observateurs pointent une dégradation de la qualité des recrutements et des formations, avec un taux d’admission au concours de sous-officier de gendarmerie passé de 2 % en 2014 à 20 % en 2023, et des formations raccourcies .
La gendarmerie nationale se trouve à un tournant. Pour enrayer cette vague de démissions et restaurer la confiance de ses personnels, une refondation en profondeur semble nécessaire, passant par une amélioration des conditions de travail, une reconnaissance accrue de l’engagement des gendarmes et une révision des réformes impopulaires. Sans cela, l’institution risque de voir son efficacité et sa cohésion durablement affectées.
Écrit par: Tom
RoadFM 2025